Un nouveau président

Le nouveau président du Bénin, Yayi Boni, a du pain sur la planche.
Un de ses chevaux de bataille, la lutte contre la corruption, est certainement un combat qui va lui demander une énergie et une volonté surhumaines. Même si son pays n’est pas le plus atteint de la région par cette gangrène, qui s’accommode de toutes les situations et s’empâte là où d’autres meurent de faim, un système bien rôdé de petits et grands trafics est en place au Bénin, et il ne se laissera pas tourmenter sans opposer de résistance. Récemment j’ai traversé la frontière terrestre qui sépare le Togo du Bénin.

Un ami burkinabé m’accompagnait, et son passeport CEDEAO qui devait théoriquement lui permettre de passer sans aucun visa ou paiement, ne lui fut pas d’une grande aide. Les douaniers béninois, pensant sans doute qu’avoir un passeport sous ces latitudes, obligeait à quelques largesses, lui réclamèrent de l’argent. Demander alors la raison d’un tel paiement, ne lui attira que sarcasmes et rigolades, et après avoir jeté son passeport à l’autre bout du bureau, ils l’avertirent : « tu veux rester là ? comme tu veux ».

Ils se mirent alors à parler gaiement et bruyamment en langue locale, incompréhensible bien sûr pour la plupart des burkinabés, comme si la question était réglée et le propriétaire du passeport balladeur, soudain devenu invisible.

La suite est évidente puisque mon ami n’est plus au poste frontière : l’argent est sorti de sa poche pour en rejoindre une autre et s’y enfouir avec difficulté.

Un quart d’heure plus tôt, un scénario un peu différent mais avec la même chute, s’était déroulé sous ses yeux et à ses dépends, lors de son passage à la douane togolaise. Cette distinction était sans doute dû à une meilleure éducation coté béninois : leurs douaniers savaient lire…

Cette histoire n’a rien de terriblement surprenant ni de bien grâve, mais en voyant le naturel avec lequel ces douaniers accomplissaient leurs trafics, je ne blâmerais jamais le président Boni si par malheur il devait s’essoufler.

Le peuple qui l’a élu président du pays, lui a renouvelé sa confiance aux législatives en mars dernier, mais que se passera-t-il demain ?

Le pouvoir et l’attrait de l’argent sont des maux universels. Les pays pauvres leur paient un tribut trop lourd à travers la corruption qu’ils engendrent, d’autant plus lourd et efficace que les pouvoirs en place ou intéressés, trouvent là des armes trop commodes pour maintenir intact leur voracité ou leur incapacité.

Pour ces raisons et quelques autres, j’ai souvent la « hantise » de traverser les frontières de pays pauvres, et en Afrique bien sûr, le cas est fréquent. Mais ce qui est certain, c’est que l’observateur ne s’en plaindra jamais car il y a tant à voir…

SylvainD.

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