Surprenante différence

Un voyage est toujours enrichissant, traverser des frontières l’est également.
Un récent séjour africain, m’a donné l’occasion d’emprunter la route qui va du Burkina Faso au Ghana, et de constater la différence de développement entre ces deux pays.
Juste au point de frontière, ou presque, j’ai eu une étrange sensation que je ne veux pas mettre seulement sur le compte de la chaleur : les quelques kilomètres de route de part et d’autre de la frontière, semblaient s’être transformés en quelques années lumières.

Pour qui connaît un peu l’Afrique, l’expérience éprouvante des voyages routiers et la vision de bas-côtés de routes salis par toutes sortes d’emballages, n’a rien de surprenant.

Ces derniers kilomètres de goudron qui nous emmenèrent du Burkina Faso au Ghana ne feront pas vraiment exception à cette observation.

Par contre, il en sera tout autrement dès l’entrée au Ghana, qui se signalera immédiatement par une route meilleure et des bas-côtés moins encombrés.

Va pour la route subitement moins défoncée, bénéfice peut-être d’un meilleur développement, mais qu’est-ce qui a amené les habitants de ce pays à être plus soucieux de l’environnement ? De part et d’autre de cette frontière, les mêmes groupes sociaux, les mêmes familles cohabitent…

Et à mesure que je descendrai plus au sud, en direction de la capitale Accra, rien ne gâchera mon étonnement initial…

Quelques jours plus tard, lorsque je quitterai le Ghana pour entrer au Togo, je ne serais pas étonné d’avoir la sensation inverse : Ici tout me parut sale et chaotique, bien qu’un soleil radieux illumina tout dans la ville.

Quelle explication donnée à cette différence ?

La relative plus grande richesse du Ghana par rapport à ses deux voisins ?

La Côte d’Ivoire, qui est son troisième voisin, est aussi riche que ne l’est le Ghana, pourtant la différence subsiste… Et j’insiste : De part et d’autres de toutes ces frontières, les mêmes groupes sociaux, les mêmes familles cohabitent.

En 1928 déjà, Albert Londres avait dénoncé un écart de développement dans son livre Terre d’ébène : « Sous la même terre, sous le même soleil, avec des indigènes qui n’étaient ni pires ni meilleurs que les nôtres, l’Angleterre et la Belgique ont fait œuvre importante. L’Afrique noire française est dans un état d’infériorité incontestable en face de l’Afrique noire anglaise et de l’Afrique noire des Belges.« 

Même si son enthousiasme en faveur de la colonisation belge parait bien daté, l’observation est loin d’être farfelue, il me semble.

SylvainD.

Article également publié sur GLOBONAUTES.

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